Le commerce équitable ? Oui, sûrement. Éthique ? Peut-être…

Comment situer le commerce équitable dans une économie qui plébiscite le bio, le social, le solidaire et le local ?

Quels enjeux et défis pour les acteurs du commerce équitable dans un marché qui sort de la confidentialité ?

Produits, services, jusqu’où le commerce équitable peut-il se déployer ? RSE Lib décrypte le commerce équitable sous le prisme de la RSE.

Le commerce équitable pèse 1 milliard d’euros, avec plus de 40 % de croissance en 2016. Et l’offre ne cesse de se diversifier. On peut offrir des fleurs équitables grâce à l’ONG Max Havelaar, utiliser des cosmétiques Lush, Body Shop ou Madagas’Care, s’approvisionner en bananes bio et équitables chez Monoprix, ou encore porter un bijou en or certifié Fairmined (c’est-à-dire éthique) auprès du joaillier suisse Chopard… Mais de quoi parle-t-on ? Équitable ça veut dire quoi ?

Côté définition, le commerce équitable consiste à travailler en priorité avec des groupes de petits producteurs défavorisés dans les pays du Sud, de construire avec eux des relations commerciales justes et solidaires. Avec deux objectifs principaux : garantir des conditions de travail et de rémunération décentes pour les travailleurs et favoriser le développement des centres de production de manière autonome et durable (article 60 de la loi n°2005-882 du 2 août 2005). 

La nécessité d’un modèle « alternatif »

Le commerce équitable n’est pas né par hasard. Il apparaît dès les années 60 sous l’impulsion d’ONG pionnières. Leur volonté ? Apporter une régulation à des cours du marché de matières premières comme le café qui s’effondrent, en s’appuyant sur un modèle fondé sur d’autres valeurs (trade not aid). On parle alors de commerce alternatif. Puis, à la fin des années 80, les premiers labels comme Max Havelaard et Flo (Fairtrade Labelling Organization International) voient le jour et séduisent Lidl, Nestlé et Carrefour.

Dans les années 2000, de nouveaux acteurs introduisent de nouvelles pratiques et diversifient considérablement l’offre de produits issus du commerce équitable. Aujourd’hui, plus de 30 000 références sont disponibles, dans 70 pays consommateurs ; le commerce équitable fait vivre plus de 2 millions de producteurs et travailleurs principalement en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud (10 millions si l’on compte leurs familles). En France, il connaît une croissance de 42,8 %, concerne 400 entreprises (hors distribution), pour 10  000 emplois, soit 1 milliard d’euros.

Quel pouvoir détient-on lorsque l’on consomme équitable ?

Le Commerce équitable donne aux consommateurs l’opportunité d’effectuer un achat qualitatif, fondé et responsable, et de choisir une consommation en phase avec leurs valeurs. Acheter équitable, c’est agir sur 4 leviers principaux qui apportent une réponse aux inégalités causées par le commerce international :

  • La solidarité internationale : sachant que 20 % de la planète possède 86 % des richesses, on contribue à rééquilibrer les échanges Nord Sud, en faveur des pays les moins avancés et les pays en développement.
  • Le développement durable : les ressources utilisées sont mieux respectées.
  • Le commerce éthique : on s’assure de conditions de travail décentes.
  • Le commerce équitable : on garantit une juste rémunération (octroi de prêts, prix de vente adapté à une vie décente, maintien des prix par compensation des cours, création de coopératives pour une gestion groupée).

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