L’entreprise contributive, un « modèle » organisationnel pour une RSE incarnée

La RSE (responsabilité sociétale et environnementale) est une idée novatrice en quête d’une enveloppe organisationnelle. Une RSE réellement ambitieuse se trouve rapidement à l’étroit dans les structures juridiques actuelles. Il faut donc les faire évoluer, répondant ainsi à l’objectif de la réflexion lancée par le président de la République sur les finalités de l’entreprise. Mais au-delà d’un toilettage juridique, il faut accepter le risque d’une vraie transformation, en s’intéressant aux relations professionnelles, au management et à la gouvernance. Pour donner une consistance à cette ambition, un nouveau « modèle » organisationnel se dessine : l’entreprise contributive. Cet article a pour objectif d’en définir les lignes de force.

« Je veux que l’on réforme la philosophie de ce qu’est l’entreprise ». Lors de sa première interview télévisée en tant que président de la République, en octobre 2017, Emmanuel Macron a situé l’enjeu : ce n’est pas d’un simple toilettage dont nous avons besoin mais bien d’une redéfinition des finalités de l’entreprise. Cette ambition apparaît aussi dans la signification de l’acronyme forgé pour nommer la loi PACTE, qui en sera le support législatif : « Plan d’action pour la croissance et la transformation de l’entreprise ». La « transformation » de l’entreprise va bien au-delà d’un simple dépoussiérage juridique ou d’un ajustement sur les dispositifs d’intéressement et participation…

Dans le même mouvement (« en même temps » ?) la RSE est en train d’effectuer sa mue : elle passe d’un simple affichage hors sol de bonnes intentions à une démarche professionnalisée, embarquée dans les modèles d’affaires, les processus et la culture d’entreprise, ce que j’ai appelé la RSE transformative. De ce fait, les entreprises pionnières se trouvent à l’étroit dans le cadre juridique actuel, figé sur les notions de société (code de commerce) et d’employeur (code du travail), mais qui ne reconnaît pas la notion d’entreprise, sans même parler des parties prenantes (voir : « RSE et création de valeur : quel rôle pour le dirigeant ? »).

Retrouvez l’article original ICI

Share
This