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Association des acteurs de la Responsabilité Sociétale

Tourisme durable : « Il suffit d’avoir la volonté de changer les choses et une direction engagée »

tourisme-durableDans le cadre de la première édition des Universités d’Eté du Tourisme Durable organisées par l’association des Acteurs du Tourisme Durable (ATD) les 10 et 11 septembre derniers, Guillaume Cromer, président du CA d’ATD et directeur du cabinet de conseil ID Tourism, nous présente un état des lieux du secteur.

Quel était le but de ces universités d’été ?

Guillaume Cromer (GC) : Le but premier était de permettre aux professionnels de se rencontrer et d’échanger sur les enjeux du tourisme durable, de faire émerger de nouvelles réflexions mais également de questionner le financement de l’innovation. Ce moment a été conçu comme une opportunité de partager ses bonnes pratiques et de sensibiliser.

Quels types d’acteurs se mobilisent pour le tourisme durable ?

GC : Historiquement, ce sont surtout les tours operateurs d’aventure ou ceux qui proposent de rencontrer les habitants locaux qui sont les plus actifs dans les réseaux de tourisme durable. De grosses structures sont également présentes, du type Accor, Pierre et Vacances, Center Parcs ou Club Méditerranée, mais elles sont moins investies. Néanmoins elles commencent à réfléchir à leur implication et à la communication de leurs engagements. En France le tourisme est surtout fait par des TPE/PME ; les tours opérateurs sont tous des petites et moyennes entreprises. Ainsi, la majorité des membres d’ATD sont des PME/TPE.

Où le tourisme durable est-il le plus ancré ?

GC : Dans les pays en développement, la nouvelle classe aisée qui voyage est sur les débuts de sa sociologie du voyage et de l’ère du tourisme pour tous ; les enjeux de développement durable sont donc loin d’être intégrés. L’intérêt pour ce type de tourisme reste l’apanage des occidentaux. Cependant, les tours opérateurs des pays riches permettant à leurs voyageurs de rencontrer les populations locales des pays en développement, ces derniers devront adapter leur offre pour satisfaire le client du nord et donc intégrer les normes de développement durable.

Quels sont les enjeux principaux aujourd’hui ?

GC : Face aux problématiques environnementales et sociales qui vont continuer à se développer, il me paraît légitime que de plus en plus d’entreprises intègrent ces enjeux. Il faut un engagement fort de l’état sur la stratégie développement durable du secteur. L’idéal serait de ne plus parler de tourisme durable mais de tourisme, avec comme norme les enjeux du développement durable. Atout France pourrait inclure dans ses critères [pour donner les accréditations de commercialisation de voyage, NDLR] un vrai engagement en matière de développement durable. De nombreux labels sont apparus ces dernières années comme Ecolabel, Green Globe ou Clef Verte.

 

Quelle est la place accordée à l’éthique dans les politiques de RSE des entreprises touristiques ?

GC : Les entreprises du tourisme durable ont plutôt une bonne éthique (comparé à d’autres secteurs), il y peu de scandale excepté celui de Notre dame des Landes ou pour le site Center Parcs à Roybon. Certains tours operateurs, comme Nouvelles Frontières au Cameroun qui faisait rencontrer les pygmées les payait avec de l’alcool, ne travaillaient pas de manière très correcte avec les communautés locales. Néanmoins la plupart ont compris l’importance de l’éthique et savent que leur image peut très rapidement se dégrader sur les réseaux sociaux en cas de problème.

La dimension sociale des discours et des pratiques de RSE est-elle significative?

GC : Le discours est toujours très environnemental parce que c’est plus tangible. Lorsqu’on parle de problème social ou éthique, très lié aux ressources humaines, le public ne comprend pas toujours que cela relève du développement durable. La dimension sociale est moindre mais il y a une amélioration depuis que le made in France sensibilise sur la provenance des produits dans l’hôtellerie et la restauration.

Quelles sont les limites de la RSE au regard des problèmes sociaux et environnementaux auxquels sont confrontés les entreprises touristiques et leurs personnels ?

GC : Les ressources financières et humaines représentent la première difficulté. Il y a également la peur de certaines entreprises d’avoir un travail supplémentaire en intégrant ces enjeux ou tout simplement la peur du changement. Les entreprises doivent réussir à intégrer que le développement durable est une évolution des différents métiers d’entreprise sans pour autant créer un métier à part entière (sauf pour les grands groupes), c’est donc faisable pour tous types de structures.

Retrouvez l’intégralité de l’article ICI

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Cette entrée a été publiée le 30 septembre 2015 par dans Revue de Presse, et est taguée .
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