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Association des acteurs de la Responsabilité Sociétale

L’entrepreneuriat social s’installe en Chine

People ride their bikes under an elevated road in Shanghai on  December 11, 2015. AFP PHOTO / JOHANNES EISELE / AFP / JOHANNES EISELE

Stéphane Monsallier, entrepreneur à Shanghai, décrit la situation de ce secteur dans l’Empire du Milieu avec les avancées et les blocages.

Parmi les lieux communs qui décrivent la Chine, on dit souvent qu’elle n’a gardé que le pire du capitalisme et le pire du communisme: un pays où la notion de profit prime dans les entreprises et où le droit du travail progresse, certes, mais est encore loin d’être idéal et parfaitement appliqué. Dans ces conditions, le concept d’entrepreneuriat social dans l’Empire du Milieu peut laisser sceptique. Et pourtant, de plus en plus d’entreprises y voient le jour, avec comme finalité non pas l’argent, mais la résolution de problèmes sociaux ou environnementaux.

 Des jeunes éduqués

Si la notion d’entrepreneuriat social a doucement émergé dès 2004, avec notamment la traduction de quelques ouvrages de référence, 2008 a marqué un véritable tournant. Le tremblement de terre du Sichuan, faisant plus de 70 000 victimes, a été largement médiatisé, exposant aux yeux de tous la grande pauvreté de certaines zones rurales du pays.

La prise de conscience est alors enclenchée. Comme l’explique Ann Wang, co-fondatrice chinoise de la société We-Impact, qui aide les entreprises à s’investir d’avantage dans des politiques RSE, dans une interview donnée en 2012 :

« Nos parents ont apporté le développement. Notre génération doit introduire la responsabilité sociale. »

Qui sont, dès lors, ces entrepreneurs sociaux ?

  • Ils sont plutôt jeunes (63% ont moins de 40 ans),
  • éduqués (100% possèdent un diplôme universitaire)
  • et les femmes sont assez bien représentées (42%).
  • Près de la moitié d’entre eux sont partis à l’étranger pour étudier (46%) ou travailler (54%).
  • Leurs entreprises sont, elles aussi, jeunes : 54% ont moins de 3 ans, et parmi elles, 21% ont moins d’un an.*

Education, santé, commerce équitable, environnement… les initiatives sont nombreuses et les entreprises évoluent dans toutes sortes de secteurs d’activités.

Quelques exemples : Shokay achète de la laine de yack à des producteurs tibétains, la transforme en pelotes et habits, et reverse 1% de ses revenus à la communauté ; Canyou est une société de services informatiques qui n’emploie que des personnes en situation de handicap ; Squrirelz, lancé en Chine par une américaine née de parents chinois, est une plateforme de commerce spécialisée dans la valorisation créative des déchets ; l’association Shanghai Young Bakers forme de jeunes Chinois en difficulté à l’art de la boulangerie à la Française et leur trouve leur premier travail.

Un cadre juridique flou

La législation chinoise n’offre aucun cadre juridique particulier aux entrepreneurs sociaux.

Ils peuvent choisir de s’enregistrer comme entreprise à but non lucratif, mais cela implique un contrôle fort du gouvernement, et n’est possible pour les ONG internationales que par l’établissement d’une Joint Venture avec une ONG Chinoise.

L’appel direct aux dons particuliers est illégal: l’obtention de reçus pour déductions fiscales est un parcours du combattant pour les éventuelles entreprises donatrices ; le financement public n’est accessible qu’à condition d’être coopté par un organisme gouvernemental et d’accepter, de fait, de réduire son indépendance.

Retrouvez l’article original ICI

 

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Cette entrée a été publiée le 21 février 2016 par dans Revue de Presse, et est taguée , , .
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