RSE Lib

Association des acteurs de la Responsabilité Sociétale

La RSE, nouveau gisement de productivité industrielle

RSE gisementLa réglementation de plus en plus contraignante oblige les entreprises à s’engager dans une nouvelle dynamique.

La responsabilité sociale et environnementale vécue comme un pensum écolo, c’est du passé. Plus que comme une contrainte, elle s’impose désormais parmi les nouveaux leviers de croissance des entreprises.

Si c’est bon pour la planète et pour les autres, c’est bon pour le business.

Après avoir été traitée avec dédain, la RSE (responsabilité sociale et environnementale) fait son entrée dans les stratégies de croissance des entreprises.

Nouveaux marchés, économies d’énergie et de matières premières, attractivité à l’embauche, renforcement de la marque… Plutôt que de subir la pression post-COP21, de plus en plus d’industriels saisissent l’opportunité d’engager une nouvelle dynamique.

« On assiste à un alignement de planètes sans précédent pour faire de la performance environnementale et sociétale autre chose qu’un simple devoir de transparence », résume sur son blog Florence Gillet-Goinard, responsable du mastère spécialisé en management global de la RSE et du développement durable Cegos-Mines ParisTech.

La réglementation est en effet de plus en plus pressante : les entreprises de plus de 250 salariés ont par exemple jusqu’au 30 juin pour transmettre les résultats des audits énergétiques aux autorités,« une occasion unique d’identifier les opportunités d’économie d’énergie », souligne la formatrice. Le projet de décret sur les marchés publics pour intégrer des critères sociaux et environnementaux dans les actes d’achat public, celui sur la biodiversité, ou la proposition de loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères et des donneurs d’ordre vis-à-vis de leurs sous-traitants à l’étranger, sont autant de sujets qui vont encore accentuer la pression.

Les nouveaux comportements d’achat, plus regardants sur la provenance des produits et leur fabrication, achève de transformer l’image contraignante portée sur la RSE. « Elle devient un levier de compétitivité, protège l’entreprise des risques d’image, offre une nouvelle vision marketing et un gisement d’économies et de performance », appuie Florence Gillet-Goinard.

Des écosystèmes vertueux

C’est naturellement dans les secteurs qui partent le plus loin en matière de développement durable que les bénéfices de la transformation sont les plus flagrants.

L’industrie chimique, quasiment à l’arrêt depuis plusieurs années (la croissance n’a atteint que 0,2 % au dernier semestre 2015), a ainsi saisi la balle au bond, multipliant les initiatives vertes : Solvay Way, Made in Chimex, Arkenergy (Arkema), « We create chemistry for a sustainable future », entre autres, ont élevé la démarche environnementale au rang de priorité industrielle.

Chez BASF, la mise en place de systèmes de cogénération a par exemple permis une économie de 18 millions de mégawattheures sur l’ensemble des sites de production. En France, la consommation de l’unité la plus polluante du groupe a été réduite de 21 % depuis 2010.

Les économies sont également la priorité d’Arkema qui a sollicité ses collaborateurs dès le début de la décennie pour identifier les sources possibles de sobriété énergétique.

Résultat : non seulement depuis 2012 les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 30 %, mais le groupe s’est aussi attaqué à son approvisionnement, privilégiant de plus en plus les produits biosourcés plutôt que fossiles. En trois ans, son chiffre d’affaires réalisé à partir de ces matières premières propres est passé de 11 % à 13 %.

La création d’écosystèmes vertueux est aussi une façon de valoriser la prise en compte des contraintes RSE.

Du coup, les projets de coentreprise se multiplient, qu’il s’agisse de collaborer pour mieux maîtriser les filières de recyclage ou d’associer des savoir-faire provenant de start-up, de PME et de grands groupes pour développer de nouveaux marchés.

Il y a quelques mois, les sociétés Sita et Veka ont signé par exemple un partenariat pour développer la collecte et le recyclage du PVC industriel en fin de vie selon deux modèles de flux : dans un sens, l’approvisionnement de l’usine de Veka en vieilles fenêtres plastique récupérées par les centres de tri spécialisé de Sita ; dans l’autre, la fourniture à la filiale de Suez Environnement de tubes PVC ramassés sur les chantiers de démolition qui fournissent Veka.

De substantielles économies de matière première sont à la clef et, en filigrane, une meilleure productivité, nichée au fond des poubelles.

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Cette entrée a été publiée le 27 mai 2016 par dans Revue de Presse, et est taguée , .
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