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Pesticides dans les mueslis : encore une alerte pour rien

muesli-thermomixL’enquête sur les résidus de pesticides conventionnels dans les mueslis publiée le 11 octobre 2016 par l’association Générations futures n’était pas un modèle de rigueur scientifique.

Comme l’AFIS l’a souligné dans un communiqué du 13 octobre (« Pesticides dans les mueslis : encore une alerte pour rien… »), la rigueur scientifique n’est d’ailleurs pas la vocation de Générations futures.

Le Canard enchaîné a ajouté des erreurs à l’étude de Générations futures, dans un article en date du 12 octobre 2016 intitulé « Du muesli chimique ».

Cela commence dès la première ligne : « Un enfant sur deux en avale au petit déjeuner ».

Comprendre, « avale des mueslis aux pesticides ». Choc, mais faux. Comme le relevait en 2014 un article du magazine LSA, si 95 % des enfants mangent des céréales, ils préfèrent les produits chocolatés et les flocons de maïs.

Le muesli pèse 17 % des ventes totales. Un enfant sur cinq ou six seulement doit en manger, pas davantage.

Le Canard enchaîné confond muesli et céréales, ce que ne fait pas Générations futures dans son travail de promotion. Les fabricants de céréales bio pour le petit déjeuner concentrent leurs efforts sur les mueslis. Il suffit d’aller voir la gamme « petit déjeuner » de Bjorg pour s’en convaincre.

Ce sont donc les mueslis conventionnels qu’il fallait dénigrer, pas les pétales de maïs. Précisons, comme Générations futures le fait d’ailleurs en toute clarté sur son site, que Bjorg finance ses activités.

Deuxième ligne : « Le muesli a détrôné la tartine beurrée, pour le plus grand bonheur de l’américain Kellog’s et du suisse Nestlé  ».

Ces deux multinationales aimeraient sans doute que Le Canard enchaîné ait raison, mais c’est très loin d’être le cas. Les Français consomment 1,9 kg de céréales par an et par habitant (trois fois moins que les Britanniques), contre 58 kg de pain, selon les chiffres de l’Insee et du Syndicat français des céréales du petit déjeuner.

Troisième paragraphe : « Si on trouve ces cochonneries dans les céréales du petit déj, c’est encore la faute à notre agriculture intensive. Pour fabriquer le muesli, on utilise le plus souvent du blé tendre et de l’orge, qui comptent parmi les cultures les plus “pesticidées” ».

Faux encore. À l’hectare, les cultures maraîchères et fruitières, sans parler de la vigne, sont beaucoup plus traitées que les grandes cultures. Et même à l’intérieur des grandes cultures, le blé tendre n’est pas parmi les plus “pesticidés”.

Selon les chiffres du ministère de l’agriculture, en 2011, il a reçu 36% des tonnages de substances actives utilisées en grande cultures, pour 37% des surfaces cultivées. La pomme de terre a reçu 12% des tonnages sur 1% des surfaces.

Par ailleurs, le pain est lui aussi à base de blé tendre. Il y aurait un grave problème avec cet ingrédient de base de notre alimentation ?

Dans ce cas, que les céréales supplantent la « tartine beurrée » n’a finalement pas beaucoup d’importance, les mueslis des multinationales en ont encore moins et Générations futures s’est trompée de cible. 1,9 kg de céréales annuelles d’un côté, 58 kg de pain de l’autre : si les résidus de pesticides du blé tendre doivent nous empoisonner, ce sera avec un peu de beurre et de confiture.

Retrouvez l’intégralité de l’article ICI

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Cette entrée a été publiée le 24 octobre 2016 par dans Etude, Revue de Presse, et est taguée , .
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