RSE Lib

Association des acteurs de la Responsabilité Sociétale

RSE, le quotidien des salariés s’en trouve-t-il vraiment amélioré ?

Baromètres et reporting sociaux, classements éthiques… Les grandes sociétés se sont engouffrées dans la mode de la Responsabilité sociale des entreprises (RSE). Derrière les « bonnes pratiques » mises en avant par ces groupes, tels McDo ou Decathlon, le quotidien des salariés s’en trouve-t-il vraiment amélioré ?

Souvent faite de sondages et d’évaluations payés par les entreprises elles-mêmes, et commandés à des cabinets de conseil et d’audit, la RSE s’avère être un marché très lucratif, d’abord au service de multinationales cherchant à communiquer pour redorer une image écornée. Progrès humain, ou « social washing » ? Basta ! a mené l’enquête.

Baromètres, classements, chartes, campagnes de pub’… Le concept de « RSE » s’est imposé dans le monde de l’entreprise, puis dans le débat public au début des années 2000.

Depuis, les grands groupes communiquent tous azimuts sur leurs « bonnes pratiques », notamment en matière de conditions de travail ou d’égalité hommes-femmes. Au risque de basculer dans le « social washing », si la réalité, au fil des chaînes de sous-traitance, ne se trouve pas être le reflet exact de la communication…

Une chose est sûre : le business de la RSE et du « social reporting » fait le bonheur de certains cabinets de conseil. Quand à celui des salariés, c’est une autre histoire.

Publié fin mars, le dernier classement a été abondamment repris par la presse. GPTW, cabinet de consulting international spécialisé dans la RSE, réalise ce palmarès en France depuis quinze ans. Cette année, les grands gagnants sont, par ordre d’arrivée : Decathlon, McDo, Kiabi, Leroy Merlin et H&M. Pourtant …..

En découvrant ce classement, les syndicalistes hésitent entre consternation et amusement.

On le prend comme une plaisanterie, assure Gilles Bompard, délégué CGT chez McDo. Personnellement, je ne connais aucun salarié dans les restaurants qui ait reçu ce sondage. C’est à se demander s’ils n’ont pas interrogé uniquement le personnel administratif du siège qui, eux, ne bossent pas le soir et le week-end ! En plus ils ont des voitures de fonction et une salle de sports… 

Chez nous, le taux de turn-over est de 25%, rappelle Sébastien Chauvin, délégué central CFDT de Decathlon. Pourquoi les salariés partent-ils si vite, s’ils se sentent si bien ?

Pour expliquer un tel écart, il faut s’intéresser d’un peu plus près à la construction du classement, qui cumule les biais méthodologiques.

Pour établir son palmarès, l’institut GPTW attribue à chaque entreprise une note, divisée en deux parties : deux tiers de la note découlent des résultats d’un questionnaire rempli en ligne par les salariés ; le tiers restant se fonde sur un dossier envoyé par la direction de l’entreprise elle même, dans lequel elle doit décrire ses « bonnes pratiques » en matière de recrutement, d’intégration, etc.

Une partie de la notation dépend donc de la vision donnée par la direction sur ses propres pratiques, et non de celle des salariés.

Le marché du « social washing »

Les activités des sociétés comme GPTW entrent-elles dans la catégorie du « social washing » ? Le Dictionnaire du nouveau français donne une définition limpide du terme : « Moyen par lequel l’entreprise ferait mine de respecter un ensemble de bonnes pratiques en matière de responsabilité sociale. Ou quand une entreprise réputée brutale cherche à se donner une image sociale par des opérations de communications et de relations publiques. »

La montée en puissance du social washing coïncide avec l’évolution des attentes des citoyens et des investisseurs, plus sensibles aux pratiques sociales des entreprises que par le passé.

D’où la nécessité pour les multinationales de polir leur image, quitte à s’arranger avec les faits… Ces nouveaux besoins ont créé très logiquement un nouveau marché, où gravitent cabinets de consulting, experts en RH (ressources humaines) ou instituts de sondage, tous désireux de monnayer leur savoir-faire.

Un marketing à double tranchant

Baromètres, classements, sondages. Au fond, la raison pour laquelle les grands groupes déboursent autant d’argent pour assurer leur promotion tient en trois lettres : RSE, ou Responsabilité sociétale des entreprises. Un concept importé des Etats-Unis, dont les origines remonteraient aux années 1950. Il s’est imposé en France au cours des années 1990-2000.

La RSE regroupe un ensemble de bonnes pratiques en matière sociale et environnementale, au caractère faiblement contraignant, puisque reposant très largement sur la bonne volonté des entreprises.

Mais ces dernières veulent prouver qu’elles s’y conforment : il en va de leur réputation, donc potentiellement de leur chiffre d’affaires. Les études montrent qu’un investisseur institutionnel (fonds de pension, fonds souverain, etc.) hésitera à s’engager dans un projet présentant de « forts risques d’image ». Les consommateurs aussi sont plus attentifs.

Les multinationales multiplient les chartes éthiques, dans lesquelles elles consignent avec soin leurs bonnes intentions. Paradoxalement, ce nouveau marketing peut parfois servir de point d’appui aux ONG, qui n’hésitent pas alors à prendre les entreprises au mot.

Retrouvez l’intégralité de l’article ICI

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Cette entrée a été publiée le 30 mai 2017 par dans Revue de Presse, Témoignage, et est taguée , .
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