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Association des acteurs de la Responsabilité Sociétale

Les nouvelles routes de la contrefaçon

La majorité des saisies de produits contrefaits se fait désormais par voie postale. Les réseaux de trafiquants multiplient les points de transit pour mieux maquiller l’origine des produits.

Le 3 août dernier, le géant français du luxe Kering (Gucci, Saint Laurent…) et le géant chinois de la vente en ligne Alibaba annonçaient un accord pour mettre en place « un groupe de travail conjoint » afin de lutter « contre les contrefacteurs portant atteinte aux droits des marques de Kering » et répondre ainsi « aux défis posés par l’atteinte aux droits de propriété intellectuelle ».

Ces défis sont immenses, si l’on en croit une étude conjointe de l’OCDE et de l’Office européen pour la propriété intellectuelle (EUIPO) sur les routes du commerce des produits contrefaits publiée le mois dernier.

En 2013, les importations de contrefaçons ont représenté la somme faramineuse de 461 milliards de dollars, soit près de 2,5 % du commerce mondial. En Europe, ce chiffre atteint près de 5 %. Autant que les montants, c’est l’incroyable diversité des produits contrefaits qui ne manque pas d’étonner : des médicaments aux articles de luxe en passant par les produits alimentaires, la contrefaçon touche une multitude de secteurs industriels.

Pour faire parvenir leurs produits à bon port, les contrefacteurs utilisent des itinéraires toujours plus complexes. 62 % des saisies de produits contrefaits sur la période 2011-2013 à l’échelle mondiale portaient ainsi sur des envois postaux, plus difficiles à détecter pour les douanes. Une conséquence logique « de l’importance de plus en plus grande de l’ e-commerce dans le commerce international ».

Du grand conteneur au « petits colis »

Le reste des saisies se répartit entre l’avion (20 %), le bateau (9 %) et les véhicules terrestres (7 %). Mais une part importante des marchandises continuent de transiter par la mer. Le bateau n’a représenté que 3 % de l’ensemble des saisies en Europe en 2013 mais a compté pour près de 74 % des volumes.

Autre astuce des réseaux de trafiquants : complexifier l’itinéraire emprunté par les marchandises. Depuis les zones de production, l’Asie de l’Est (la Chine avec Hong Kong représentant près de « 80 % des marchandises saisies sur la période 2011-2013 ») mais aussi l’Inde, la Thaïlande, la Malaisie ou la Turquie, jusqu’aux marchés finaux, notamment l’UE et l’Amérique du Nord, ils vont multiplier les étapes.

Chacun ses spécialités

Le Yémen ou l’Arabie saoudite sont par exemple des points de passage récurrents pour les produits à destination des pays africains quand le Maroc, l’Albanie, l’Egypte ou l’Ukraine le sont pour l’Union européenne. « Les points de transit sont proches des marchés finaux pour faciliter l’accès aux consommateurs », explique Luis Berenguer.

Chacun a ses spécialités : la maroquinerie, les chaussures ou les équipements d’optique pour le Maroc, les parfums et la maroquinerie pour l’Albanie, les équipements électroniques pour l’Egypte ou les bijoux et les cosmétiques pour l’Ukraine. Les marchandises peuvent ainsi passer par deux, voire trois points de transits, en ayant été parfois reconditionnées entre-temps. Avec toujours un objectif : mieux brouiller les pistes à l’arrivée.

Retrouvez l’intégralité de l’article ICI

Et pour aller plus loin : Rapports conjoints de l’EUIPO et de l’OCDE

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Cette entrée a été publiée le 8 août 2017 par dans Etude, et est taguée , .
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