Amazonie : Une “cathédrale verte” brûle et nous la regardons

L’été 2019 sera celui où le monde aura regardé quasi-impuissant brûler l’Amazonie !

Cela fait écho à la célèbre phrase prononcée par Jacques Chirac au Sommet de la terre de Johannesburg de 2002 : “La maison brûle et nous regardons ailleurs !“. Près de vingt ans plus tard, la question est plutôt de savoir si ce regard planétaire sert à quelque chose pour enrayer la destruction du poumon de la planète. source

Les incendies qui frappent la forêt amazonienne ces dernières semaines se sont invités jusqu’au G7, sommet réunissant quelques-unes des plus grandes économies du monde à Biarritz, entre le 24 et le 26 août.

Et quelques grandes questions se sont soulevées :

  1. Pourquoi l’Amazonie est-elle si vulnérable ?
  2. Pourquoi les scientifiques s’inquiètent ?
  3. Qui peut vraiment stopper les incendies ?
  4. Quel risque pour l’industrie agroalimentaire ?

Ce dossier de rentrée se propose de vous apporter quelques éléments de réflexion.

Bonne lecture et à bientôt pour en discuter lors de nos prochains Ateliers 100% Actu RSE.

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Incendie : pourquoi l’Amazonie est-elle si vulnérable?

Sans les hommes, les forêts tropicales humides ne brûleraient pas. Retour sur les causes et les conséquences de la catastrophe en cours. Par Jos Barlow* et Alexander C. Lees**

Imaginez une forêt tropicale à l’aube : sa canopée abritant fougères et orchidées, les troncs d’arbres couverts de mousses et de lichens spongieux, la brume matinale se dissipant aux premiers rayons du soleil. Bien qu’il y ait du combustible partout, il semble inimaginable que de tels écosystèmes humides puissent un jour prendre feu.

Sans l’intervention des hommes, en effet, ils ne prennent pas feu. Les données relatives à l’étude du charbon de bois indiquent que les feux sont peu fréquents en Amazonie, et cela même depuis les périodes d’établissement humain précolombien ; les 8 000 espèces d’arbres de cette région ne témoignent en outre d’aucune des adaptations évolutives au feu que l’on trouve en savane ou du côté des forêts boréales.

Un feu de faible intensité peut tuer la moitié des arbres

Contrairement à de nombreuses images qui circulent sur les réseaux, montrant des canopées dévorées par les flammes, les feux de forêt dans des zones tropicales n’ayant connu que peu d’événements de ce type n’apparaissent pas comme des phénomènes qui modifient les écosystèmes. Les flammes n’avancent que de 200 à 300 mètres par jour ; elles dépassent rarement 30 centimètres de hauteur, ne brûlant que des feuilles et du bois tombé.

Dans ce contexte, la plupart des animaux mobiles peuvent s’enfuir et les pompiers – s’ils sont présents – peuvent stopper l’avancée des flammes en ratissant de simples coupe-feu. On se souvient que les humbles pistes formées par des fourmis coupeuses de feuilles auront été parfois suffisantes pour arrêter des feux de forêt dans le Sud amazonien.

Mais l’intensité d’un incendie ne prédit pas nécessairement sa gravité. Le manque d’adaptation naturelle pour faire face aux incendies de forêt rend en effet les espèces tropicales incroyablement vulnérables. Même un feu de forêt de faible intensité peut tuer la moitié des arbres. Si les petits sujets disparaissent en premier, les plus gros meurent souvent les années suivantes, entraînant une perte éventuelle de plus de la moitié des stocks de carbone forestier. Car ce sont ces grands arbres qui contiennent le plus de carbone, et la repousse d’espèces pionnières n’offre pas de compensation : une fois brûlées, les forêts contiennent 25 % de carbone en moins que les forêts non brûlées, et ce, même après trois décennies de repousse.

Avec un impact aussi dévastateur sur les arbres, il n’est pas surprenant que les animaux et les humains qui dépendent de la forêt soient également très affectés. Les primates sont moins abondants dans les forêts brûlées et de nombreux oiseaux insectivores spécialisés disparaissent complètement. Quant aux populations locales qui comptent sur ces écosystèmes pour le gibier, les matériaux de construction et les médicaments, il s’agit pour eux d’une perte incommensurable.

C’est ce qui arrive lorsqu’une forêt brûle pour la première fois. La situation est cependant très différente lorsque les incendies deviennent récurrents. Les arbres morts lors de précédents feux fournissent le combustible des futurs incendies ; une vraie poudrière sous la canopée éclaircie. Dans ces forêts, la hauteur des flammes atteint souvent la cime des arbres, causant la mort de presque tous les végétaux restants.

Vers un écosystème à faible diversité et à faible teneur en carbone

On évoque souvent le phénomène de « savanisation » pour décrire une telle situation. Mais bien que les broussailles et les arbres clairsemés qui en résultent puissent avoir, en apparence, des similitudes avec ceux des prairies tropicales, ils ne contiennent aucune de leurs propriétés culturelles ou de biodiversité uniques. Au lieu de cela, les feux de forêt récurrents sont plus susceptibles d’accélérer la transition de l’Amazonie vers un écosystème à faible diversité et à faible teneur en carbone, conservant seulement une petite partie de sa valeur sociale et écologique actuelle.

Une lutte complexe

Certains de ces incendies sont liés à un pic récent de déforestation : la végétation coupée est brûlée pour permettre la création d’exploitations agricoles et satisfaire certaines revendications foncières. D’autres feux correspondent à des brûlis agricoles, utilisés dans la rotation des cultures ou pour supprimer les broussailles qui empiètent sur les pâturages existants.

Lutter contre ces incendies est complexe, la situation impliquant de nombreuses activités illégales ou motivées par des considérations politiques. On a constaté, par exemple, une augmentation marquée des incendies enregistrés au cours de la dernière « journée du feu » ; des bûcherons et spéculateurs fonciers ont d’autre part été impliqués dans des départs de feux de forêt au sein de réserves autochtones. Il est ici important de distinguer ces feux illégaux de l’agriculture sur brûlis, pratiquée à petite échelle par les peuples traditionnels et autochtones d’Amazonie. Si ces incendies peuvent potentiellement s’étendre aux forêts, ils demeurent essentiels au maintien des moyens de subsistance de certaines populations parmi les plus pauvres de la région.

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Pourquoi les scientifiques s’inquiètent des incendies de l’Amazonie ?

Les feux en cours dans la forêt amazonienne sont plus importants et plus fréquents cette année et continuent de fragiliser un des plus riches écosystèmes terrestres.

Si des feux se produisent chaque année en détruisant des milliers de kilomètres carrés de la plus grande forêt primaire du globe, les incendies actuels inquiètent les défenseurs de l’environnement car ils gagnent en intensité après des années de déclin de la déforestation.

Cette déforestation a plusieurs conséquences concrètes qui dépassent de loin l’environnement brésilien.

Emissions de CO2 dans l’atmosphère

La première des conséquences est évidemment la libération dans l’air d’une très grande quantité de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre contribuant au réchauffement du climat terrestre. Parce que la combustion de la biomasse émet naturellement du CO2, mais aussi parce que la mort des arbres libère tout le carbone qui y est séquestré depuis des décennies.

Il est encore beaucoup trop tôt pour savoir combien de CO2 sera émis par les événements en cours dans le bassin amazonien, mais les quantités relâchées par des incendies géants ne sont pas négligeables.

Une étude publiée en 2002 dans la revue Nature montrait que les incendies géants de Bornéo, en Indonésie, en 1997 (les plus grands connus, 79 000 km² détruits) ont dégagé entre 810 millions et 2,57 milliards de tonnes (Gt) de carbone, ce qui a contribué à la plus grande augmentation de la concentration atmosphérique en CO2 depuis l’enregistrement des données, en 1957.

En 1997, les incendies de forêt de Bornéo ont représenté jusqu’à 10 % des émissions mondiales

Pour avoir un ordre de grandeur, le Brésil a émis 476 millions de tonnes de CO2 en 2017, et les émissions mondiales de CO2 ont atteint en 2018 37,1 milliards de tonnes.

Destruction de puits de carbone

La destruction de forêts, d’autant plus de forêts primaires comme celle de l’Amazonie, la plus vaste et la plus riche de la planète, la prive de ce qu’on appelle un « puits de carbone », c’est-à-dire de la capacité des végétaux à absorber le carbone. En limitant la concentration du CO2 dans l’atmosphère, ces puits de carbone sont cruciaux pour lutter contre le réchauffement climatique.

Destruction de la biodiversité

La destruction de la forêt amazonienne menace directement l’exceptionnelle biodiversité qu’elle héberge. Cet écosystème, qui représente seulement 1 % de la surface émergée du globe, abrite 10 % des espèces connues et, selon des estimations, jusqu’à 25 % de la biodiversité.

Selon le WWF (Fonds mondial pour la nature), on y a dénombré 40 000 variétés de plantes, 2,5 millions d’espèces d’insectes, 427 espèces de mammifères, 1 293 espèces d’oiseaux, 378 espèces de reptiles, 427 espèces d’amphibiens et 3 000 espèces de poissons, dont beaucoup sont endémiques, c’est-à-dire spécifiques à cette région.

Cette biodiversité constitue aussi la richesse de centaines d’ethnies indigènes qui habitent depuis longtemps dans le bassin amazonien, dont la culture et même la survie sont étroitement liées à la forêt et à ses ressources.

Assèchement du climat

L’humidité de la forêt génère ce que l’on appelle l’évapotranspiration : de grandes quantités d’eau s’évaporent et forment les nuages, qui à leur tour entraînent des précipitations permettant d’irriguer les sols. Cela participe au cycle hydrologique du bassin amazonien, c’est-à-dire au cycle de l’eau. Or, cet équilibre est considéré comme fragile.

La déforestation, par l’exploitation des ressources forestières ou par les feux de forêt, réduit la quantité d’eau qui s’évapore et rend le climat plus sec dans une région dont les températures devraient augmenter d’environ 3,3 °C d’ici la fin du siècle. Moins de vapeur d’eau signifie moins de précipitations, des sols plus arides, des sécheresses plus régulières et plus importantes, qui entraîneront à leur tour des feux de forêts plus ravageurs et des difficultés croissantes à cultiver les terres autrefois déforestées, désormais plus sensibles à l’érosion.

Ces enjeux dépassent largement le bassin amazonien. Le climat de l’Amérique du Sud, et même du monde entier seraient affectés tant le rôle de régulateur de la forêt amazonienne est critique

Deux chercheurs américain et brésilien, Thomas Lovejoy et Carlos Nobre, ont estimé dans un éditorial publié dans Science en 2018 qu’une déforestation de 20 à 25 % de l’Amazonie pourrait faire s’effondrer ce cycle. On estime aujourd’hui qu’un peu plus de 19 % de la forêt a été détruite, depuis 1970.

L’Amazonie, « poumon de la planète » ? Pas vraiment

Les discussions et les écrits autour des dramatiques feux qui ravagent la forêt amazonienne emploient souvent la métaphore de « poumon de la planète » pour désigner les presque six millions de kilomètres carrés qui constituent la plus grande forêt du globe.

Si l’expression met – à juste titre – l’accent sur les conséquences inquiétantes de la disparition progressive de cette forêt, elle surreprésente (légèrement) le rôle de l’Amazonie dans la « respiration » de notre planète. Selon des travaux publiés en 1998 dans Science, celle-ci représente en effet environ 7 % de la photosynthèse qui produit le dioxygène de l’atmosphère que nous respirons, et qui absorbe le dioxyde de carbone qui réchauffe aussi lentement que sûrement la Terre.

Si « poumon » il y a, il se trouve plutôt au fond des océans que dans la verdure sud-américaine, puisque près de la moitié de l’oxygène terrestre est fabriquée par la photosynthèse des phytoplanctons. Ce sont donc à ces minuscules planctons vivant en suspension dans l’eau que nous devons notre oxygène. Les niveaux d’oxygène ne sont toutefois pas à risque, tant celui-ci est présent (il constitue 20,95 % de l’atmosphère terrestre). Selon Scott Denning, professeur en science atmosphérique de l’université du Colorado, la combustion de toute la matière organique de la planète ne consommerait qu’un pour cent de l’oxygène terrestre.

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Amazonie : Qui peut vraiment stopper les incendies ?

L’Amazonie a vu son ciel s’assombrir sous des fumées toxiques au début du mois d’août. Des satellites ont permis de tracer l’origine de cette fumée : un incendie gigantesque ravageant la forêt tropicale, portant le nombre d’incendies cette année à plus de 70 000 dans la région.

L’Instituto Nacional de Pesquisas Espaciais, un centre de recherches brésilien en charge des activités scientifiques, surveille les incendies dans la région et a ainsi pu conclure que seuls quelques-uns d’entre eux relevaient d’accidents ou se sont produits naturellement. La plupart des incendies ont en fait été déclenchés par les agriculteurs aux-mêmes pour défricher les terres, attirer le gibier ou enrichir le sol. Cette méthode est utilisée depuis des millénaires en Amazonie, mais les incendies actuels auraient eu (selon l’Amazon Environmental Research Institute) pour but initial de faire reculer la forêt afin de faire progresser la production agricole et bovine.

Plus de 40 % des pertes forestières mondiales sont dues à la production de soja, d’huile de palme, de caoutchouc et à l’élevage de bétail. La demande pour ces aliments est en effet toujours plus croissante.

Appliquer des sanctions contre les pays de la région n’empêchera pas l’utilisation de ces méthodes ailleurs, dans les forêts tropicales d’Angola, d’Indonésie, de Zambie et du Congo notamment. Envoyer des financements et des armées pour combattre les incendies n’est pas non plus une solution durable. En revanche, le délaissement de certains produits punit les entreprises responsables de la déforestation et pourrait permettre un revirement de situation.

Nous voilà donc confrontés à un problème classique. L’arrêt des incendies demande une action collective des multiples acteurs qui ont bien trop souvent des intérêts divergents. Même une action collective entre acteurs privés et publics peut s’avérer insuffisante, à moins que les solutions trouvées soient favorables à la population locale.

Si le sort de nos forêts tropicales dépend de l’Amazonie, le sort de l’Amazonie elle-même dépend des milliers d’agriculteurs locaux qui travaillent dans la forêt amazonienne et ses alentours. Ce sont eux qui prennent la décision de laisser les vieux arbres vivre ou de les brûler. Pour la plupart, ces producteurs cherchent simplement à subvenir aux besoins de leur famille, car dans le monde et parmi les 820 millions de personnes sous-alimentées, les deux tiers sont des agriculteurs. Il devient donc urgent de leur offrir une alternative.

C’est Chico Mendes, un seringuero (ouvrier chargé de la collecte du latex) brésilien, qui a perçu en premier ce marché potentiel. En 1988, il tente de ralentir la déforestation, ne connaissant que trop bien la tentation des producteurs de déclencher des feux de forêt sur leurs terrains. Il sera assassiné la même année dans le cadre de son combat pour la protection de la forêt amazonienne, mais son mouvement transmet aujourd’hui encore trois actions importantes.

La première est de forger des partenariats politiques stratégiques. Avec la solidarité croissante entre syndicats locaux, le combat de Chico Mendes, lancé dans sa petite commune de Xapuri, a pu gagner en force et en légitimité grâce à un réseau mondial diversifié.

La deuxième est d’exiger des droits. Chico Mendes appréciait la profusion de la faune et de la flore dans la forêt amazonienne, mais plutôt que de préserver cette biodiversité dans des sanctuaires clôturés, il a donné aux seringueros la possibilité de se procurer des terres et d’y extraire des richesses naturelles (latex, noix, fruits, huiles… etc.). Cette initiative a permis de satisfaire les communautés locales tout en préservant la beauté, la structure et l’intégrité de la forêt amazonienne.

La troisième est de combattre les incendies à l’aide de la finance. Faute de moyens, le mouvement de Chico Mendes ne pouvait proposer que des conseils pragmatiques à ses partisans. Mais les besoins des travailleurs n’ont jamais été perdus de vue par le syndicaliste brésilien, qui a aidé les seringueros à négocier avec les acheteurs. Il a ainsi exhorté les banques de développement à restructurer ou réorienter leurs systèmes de prêts ou à financer de nouveaux débouchés, afin de commercialiser les produits de la forêt.

Aujourd’hui, la transition vers un modèle sans déforestation, encouragé à la fois par les marchés et les pouvoirs publics, permet d’élargir les possibilités de financement et de susciter des changements à grande échelle. Bien que certains défis s’élèvent sur cette voie, plusieurs études de cas affirment qu’un cercle vertueux sans déforestation de masse serait financement viable. Le Brésil lui-même a démontré qu’il pouvait réduire la déforestation tout en encourageant la production agricole locale.

Chico Mendes avait déclaré peu avant sa mort : « Au début, je pensais que je me battais pour sauver les arbres à caoutchouc. Puis j’ai réalisé que je me battais pour toute la forêt amazonienne. Maintenant je comprends que je me bats pour toute l’humanité ». Il est encore temps aujourd’hui de poursuivre ce combat inachevé en Amazonie.

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Le risque “Déforestation Amazonie” pèse déjà sur l’industrie agroalimentaire

L’intensification des feux en Amazonie, a permis de mieux comprendre non seulement les conséquences dramatiques de la déforestation en termes de climat et de biodiversité mais aussi ses causes : la production extensive de bœuf et de soja au Brésil. Cette dernière est passée, en 20 ans, de plus de 20 millions à 120 millions de tonnes par an, dont plus de la moitié est exportée

Les investisseurs responsables les plus engagés travaillent sur lesdites causes pour “faire leur part” de pression dans la lutte contre la déforestation. Leur principal moyen d’action est l’engagement actionnarial. KLP, le plus gros fonds de pension norvégien a, par exemple, annoncé qu’il allait intensifier son dialogue avec les entreprises acheteuses de soja brésilien dont il est encore actionnaire.

C’est le cas des quatre multinationales qui dominent le monde des matières premières agricoles qu’on appelle les ABCD, A pour ADM, B pour Bunge, C pour Cargill et D pour Dreyfus. KLP détient leurs actions pour un montant de 50 millions de dollars. En revanche, HLP exclut de son portefeuille l’entreprise la plus controversée, la compagnie brésilienne JBS. Il s’agit du plus gros producteur mondial de viande, mais elle a été mise de côté par le fonds de pension norvégien à cause d’un énorme scandale de corruption en 2017.

Risque “Déforestation Amazonie”

Si le fonds de pension norvégien parle avec les entreprises, il vient d’annoncer qu’il souhaite prendre la tête de la mobilisation des investisseurs auprès du monde des affaires et du gouvernement brésiliens pour leur demander de mettre en place des stratégies de lutte contre la déforestation. KLP a déjà entamé des discussions avec des géants mondiaux de la finance comme Blackrock, JP Morgan, HSBC, Bank of America ou Citigroup.

Ce qu’on pourrait appeler le risque “Déforestation Amazonie” est donc en train de devenir une réalité pour les géants de l’agroalimentaire. L’alerte mondiale est lancée sur les conséquences néfastes de leurs activités qui ne se limitent pas à la déforestation. La production massive et industrialisée de viande et de soja, pose d’autres problèmes environnementaux pour le climat mais aussi la santé.

Des pratiques jusque-là tolérées, voire encouragées par le gouvernement brésilien, peuvent devenir insoutenables à l’échelle de la planète pour les consommateurs et leurs gouvernements. Ils peuvent changer les règles du jeu et provoquer des disruptions majeures dans le secteur de l’industrie agroalimentaire qui verrait une part importante de sa valeur financière s’évaporer. C’est là que les risques dits extra-financiers deviennent financiers. Seule solution pour y échapper : entamer une transition crédible et rapide des modèles de production.

Incapable de relever le défi

Dans le domaine agroalimentaire, l’investisseur britannique Jeremy Coller a lancé l’alerte depuis plusieurs années. Il est à l’origine d’une initiative appelée FAIRR pour “risques et profits de l’investissement dans les fermes animales”. Ce réseau rassemble plus de 160 investisseurs qui pèsent plus de 16 000 milliards de dollars. Il passe au peigne fin les pratiques de plus d’une centaine d’entreprises de l’agroalimentaire et utilise ensuite cette analyse pour faire de l’engagement actionnarial qui consiste à les pousser à améliorer leurs pratiques.

La conclusion de Jeremy Coller est sans appel : “L’industrie de l’élevage est incapable de relever le défi. Aucun des 50 plus grands fournisseurs de viande et de produits laitiers ne s’est doté d’une politique globale de lutte contre la déforestation couvrant toutes les régions à haut risque !” Il conseille donc aux investisseurs de long terme et donc aux épargnants d’investir plutôt dans les entreprises qui proposent des alternatives à la viande et des modes de production plus durables.

C’est ce que veulent les Millenials, consommateurs de demain mais les feux de l’Amazonie pourraient encourager leurs parents à les rejoindre plus rapidement que prévu !

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