Dossier : Startup et RSE – Changer le monde, oui, mais avec quelle RSE ? – Episode 1

Pour beaucoup, les startups sont synonymes d’un monde meilleur. Elles développent les produits et services de demain plus en phase avec nos attentes éco-citoyennes et semblent être un endroit attrayant pour travailler.
La « totale coolitude » affichée de ces « jeunes pousses » cache parfois des réalités bien éloignées d’un développement du capital humain propice à l’innovation et à une croissance durable de leurs activités.
Notre modèle « capitaliste » confronté à une transition sociétale cherche au travers d’un « esprit startup » à renouveler ses propositions de valeurs pour répondre aux objectifs de développement durable (ODD), mais est-ce la bonne réponse ?

 

POURQUOI CES ENTREPRISES SONT DES STARTUPS ET PAS MOI ?

20% des entreprises seraient des startups

Difficile d’estimer le nombre de startups en France car aucun chiffre officiel ne les recense. On peut cependant estimer qu’environ 10.000 entreprises constituée en SAS sont des startups. Elles ont levé plus d’1,7 Milliards d’euros et 233 d’entre elles ont exposé au CES en 2017 (Consumer Electronics Show), passage obligé des startups technologiques prometteuses (source : Yoomap et 1001 startups).

Contrairement aux idées reçues, 94% des dirigeants de startup ont au moins un niveau d’études Bac+5. On est loin de l’image de l’entrepreneur autodidacte qui crée son entreprise dans son garage… De plus 87% d’entre eux sont des hommes (no comment…).

 

Mais au fait c’est quoi une startup ?

C’est avec l’apparition des premières sociétés de capital-risque dès 1946 que le terme a commencé à être utilisé massivement. Traduit littéralement de l’anglais, une startup est « une entreprise qui démarre ». Selon le Larousse, il s’agit « d’une jeune entreprise innovante, dans le secteur des nouvelles technologies ».

D’après Patrick Fridenson, historien des entreprises, être une startup n’est pas une question d’âge, ni de taille, ni de secteur d’activité. Pour être une startup il faut répondre aux quatre conditions suivantes (source : 1001 startups) :

  • Une forte croissance potentielle.
  • Utiliser une technologie nouvelle.
  • Avoir besoin d’un financement massif, les fameuses levées de fonds.
  • Être sur un marché nouveau dont le risque est difficile à évaluer.

 

Etre une startup est un état temporaire de l’entreprise. Ainsi, une PME ou le commerçant du coin n’est pas forcément une startup et une startup, si elle réussit, ne reste pas longtemps une PME.

La startup serait-elle limitée aux nouvelles technologies ? Si l’on en croit les secteurs porteurs pour les startups en 2018 : FinTech, BioTech, ArtTech, CleanTech, FoodTech, etc.,  la technologie est bien présente !

Cependant, qu’en est-il de toutes ces jeunes pousses qui se créent pour contribuer à un monde meilleur ? Peut-on finalement parler de startup quand on cherche avant tout à proposer un nouveau service avec un impact positif et que l’on se positionne dans l’Economie Sociale et Solidaire (ESS)?  En tous les cas, il semble que le terme startup soit largement galvaudé dans le langage courant.

 

L’écosystème des startups

Une startup ne peut prendre son élan seule. Elle fait partie d’un véritable écosystème qui va investir du temps, des moyens financiers, humains ou matériels pour faciliter l’éclosion de la jeune pousse. On trouve donc dans cet écosystème :

  • Les entreprises, qui font parfois grandir la startup en leur sein, on parle alors d’intrapreneuriat.
  • Les facilitateurs, incubateurs, accélérateurs, pépinières d’entreprises qui proposent locaux et/ou services d’accompagnement
  • Et bien sûr les financeurs, business angels, fonds d’investissement, etc

 

Startup – n’est-ce pas seulement un état d’esprit ?

Selon le site de BPI France « innovation, agilité, équipe soudée, spontanéité, goût du risque, créativité, et convivialité sont autant de qualités vantées, voire convoitées, du mode de fonctionnement des startups. On y associe facilement l’image des célébrations des bonnes nouvelles ou celle des parties de baby-foot… ».  Et il y aurait une recette pour conserver l’esprit startup :

  • Combattre la routine, varier régulièrement les habitudes, le cadre.
  • Continuer à vivre des moments informels.
  • Communiquer, avec transparence et garder un dialogue ouvert.
  • Continuer à expérimenter, innover, en créant de petites équipes travaillant facilement entre elles, maintenir de l’agilité.
  • Conserver une culture d’entreprise en initiant les nouveaux arrivants aux valeurs fortes de l’entreprise (encore faut-il les avoir bien identifiées).

 

Cependant, les startups ont malheureusement leur côté obscur : salaires ridicules, périodes d’essai à rallonge, heures supplémentaires jamais comptées, pour des boulots à faible valeur ajoutée intellectuelle… Travailler dans une telle entreprise est-il aussi « cool » qu’on l’imagine ? En tous les cas l’esprit startup semble parfois constituer un écueil à des conditions de travail responsables au sens de la Responsabilité Sociétale !