Dossier : Startup et RSE – Changer le monde, oui, mais avec quelle RSE ? – Episode 2

LE CYCLE DE VIE DE LA STARTUP

Le cycle de vie de la startup passe par différentes étapes bien documentées sur Internet. On en retiendra ici les principales :

  • L’idée
  • La constitution de l’équipe
  • La validation du marché par rapport au produit et les phases d’adaptation éventuelles
  • Le début de la croissance
  • La levée de fonds et si tout va bien, la forte croissance qui peut mener vers la transformation en Licorne, si tout va mal, l’échec…

 

Acquérir des clients à tout prix ? A la limite de l’éthique ?

Tous les moyens sont-ils bons pour assurer la croissance de la startup ? Faut-il acquérir de nouveaux clients en utilisant des moyens à la limite de l’éthique ? Ceux qui côtoient les startups auront certainement entendu parler des méthodes marketing de « growth hacking ».

Un rapide exemple de Growth Hacking vous permettra de vous faire votre propre opinion (source : La Fabrique du Net) sur des pratiques assez fréquentes et acceptées des web marketeurs aguerris. Il faut bien aller chercher le client et la croissance, non ?

Airbnb, crée en 2008, a eu beaucoup de mal à décoller. Ses créateurs ont alors eu une idée de génie : poster les annonces d’Airbnb sur un site à forte audience : Craiglist (Leboncoin américain). A chaque fois qu’un utilisateur postait une annonce sur Airbnb, l’annonce était en même temps, de manière automatisée, publiée sur Craiglist. Ça a parfaitement marché et propulsé Airbnb là où ils sont aujourd’hui. On voit avec cet exemple le côté parfois « borderline » des pratiques de Growth Hacking (Airbnb a ni plus ni moins « hacké » Craiglist).

Le début de la croissance s’accompagne d’une structuration de l’organisation et de la gouvernance de la startup. La startup qui croît devient une « scale-up » et rencontre un des moments critiques de son existence. En grossissant, elle accueille davantage de salariés, au risque d’y perdre son état d’esprit, ses valeurs comme précisé dans le point précédent. Des fonctions telles que les Ressources Humaines sont alors internalisées et parfois des task force ou comités RSE sont créés comme chez Younited Credit.

 

La startup devient Licorne

Puis la startup qui connait une croissance violente et qui est désormais valorisée à plus d’1 milliard d’euros rentre dans la cour des Grands, la cour des Licorne. Bien que le nombre de startups Licornes soit en augmentation de 254% entre 2013 et 2016, peu de startups françaises ont l’honneur d’appartenir à cette catégorie. On en compte deux dans le « top ten » européen : Bla Bla Car et Vente Privée. Certaines de nos pépites françaises sont des Licorne en devenir selon le classement Tech Tour 2018 : Actility (Internet des Objets), Doctolib , Happn (Rencontres) , People Doc (Digitalisation des processus RH) , Scality (Optimisation du stockage) , Sigfox (Connectivité IoT) , Vulog (Technologies d’auto-partage).

 

Peu connaissent un développement durable !

Mais les chiffres sont là pour nous rappeler que peu de startups ont un développement durable ! En effet le taux d’échec des startups est de 90%, un chiffre à rapprocher des 49,5% des entreprises qui échouent dans les 5 ans selon une étude de l’INSEE datant de 2009. Les raisons de ce taux d’échec important sont multiples comme nous le rappelle CBInsights (article en anglais). Et même si le burnout du dirigeant ou de l’équipe dirigeante représente 8% des causes d’échec, les trois premières raisons sont assez logiquement :

  • L’absence de marché (42% des échecs), typiquement, le cas des startups qui cherchent à résoudre un problème… qui n’existe pas !
  • Le fait de manquer d’argent (29%), eh oui, le nerf de la guerre…
  • L’inadéquation de l’équipe (23%), comme par exemple des profils et des compétences trop similaires qui n’ont pas su s’entourer des bonnes personnes

 

Ce dossier fait suite à l’atelier RSE Lib du mois de juin 2018. L’intégralité de la présentation faite ce jour-là est accessible par les adhérents.