Dossier : Startup et RSE – Changer le monde, oui, mais avec quelle RSE ? – Episode 3

LA RSE EST-ELLE UN LEVIER D’INVESTISSEMENT POUR LA STARTUP ?

Pourquoi il est intéressant d’investir dans une startup ?

Le cycle de financement des startups est un processus très structuré avec beaucoup d’acteurs. De multiples types de financements existent, selon le type de l’entreprise, son stade de développement et les montants recherchés : subventions publiques, prêts d’honneurs, crowdfunding, prêt bancaire, levée de fonds…

Les startups font l’objet de toutes les attentions, elles alimentent le rêve de devenir riche en peu de temps. Car en effet, l’investissement dans une startup présente un risque élevé mais un espoir de gain très important. Sans parler des avantages fiscaux que peuvent procurer ces investissements à en croire le café de la Bourse.

Comme c’est un investissement risqué, mieux vaut suivre quelques conseils et porter une attention particulière à cinq critères :

  • L’équipe ;
  • La taille et le potentiel du marché ;
  • La scalabilité, c’est-à-dire la capacité de la startup à faire croître ses revenus rapidement ;
  • La pérennité du modèle économique ;
  • La stratégie de sortie. Un bon indicateur du sérieux de l’équipe est d’ailleurs sa capacité à réfléchir et formuler elle-même une stratégie de sortie (revente, fusion, etc.).

 

Quelles sources de financement ?

Le financement des startups est donc un marché à part entière dans l’écosystème des startups, même si lever des fonds est un moyen et pas une fin en soi. Les sources de financement varient en fonction du cycle de la startup (source : TheNextFrench) :

  • A l’étape du projet, c’est l’argent personnel qui est investi ;
  • Puis l’entrepreneur a besoin de ressources et à court terme doit faire appel aux seules personnes qui peuvent croire en son projet : les amis et la famille. Cet argent issu de l’entourage proche est appelé “love money” ;
  • Ensuite, c’est la première véritable levée de fonds, appelée « Seed », le projet est mis à l’épreuve ;
  • Le premier tour de table, la série A, permet à la startup de développer ce qui a été initialement élaboré. Y participent les business angels les plus fortunés et plus couramment et les VCs (Venture Capitalists) ;
  • Un nouveau tour de table, la série B, a lieu quand la startup a trouvé son  « market-fit ». Cette étape est souvent marquée par le départ des fondateurs ;
  • Puis c’est l’introduction en bourse ou le rachat, ce n’est alors plus une startup.

 

Qui s’occupe de la RSE dans les startups ?

A première vue, on pourrait croire que la RSE est absente des startups. En réalité, elle y est tout à fait présente via les critères ESG.

  • E pour Environnement : ce critère tient compte de la gestion des déchets, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la prévention des risques environnementaux ;
  • S pour Social : pour la prévention des accidents, la formation du personnel, le respect du droit des employés, la chaine de sous-traitance (supply chain) et le dialogue social ;
  • G pour Gouvernance : ici on vérifie l’indépendance du conseil d’administration, la structure de gestion et la présence d’un comité de vérification des comptes.

Les critères ESG permettent donc d’évaluer l’exercice de la responsabilité des entreprises vis-à-vis de l’environnement et de leurs parties prenantes (salariés, partenaires, sous-traitants et clients). La notation ESG est un marché international dominé par les Etats-Unis, tout comme beaucoup de startups, hasard ou conséquence ?

Ces critères RSE sont une analyse déclarative des éléments extra-financiers de l’entreprise. En fait c’est bien l’investisseur, le gestionnaire d’actif, qui tire les ficelles de la RSE dans les startups !

La RSE est donc un élément qui déclenche l’ambition entrepreneuriale des startups. Les indicateurs ESG sont pour le secteur du capital investissement un outil de dialogue avec leurs dirigeants. C’est d’ailleurs ce qu’explique François Villeroy de Galhau – Gouverneur de la Banque de France :

« Concernant la Banque de France, nous expérimentons l’intégration de la démarche RSE dans notre activité de cotation des entreprises. Dans le cadre de l’analyse qualitative que nous menons pour attribuer cette cotation, nous collectons des informations relative à la RSE auprès des dirigeants d’entreprises à l’occasion d’une partie des entretiens que nous menons (50 000 entretiens de cotation par an au total au cours desquels la dimension RSE est susceptible d’être évaluée). »

Les critères ESG au cœur de la RSE des startups

France Invest (anciennement AFIC) observe la capacité des critères ESG à créer de la valeur financière comme extra-financière. Les critères ESG permettent :

  • De protéger la valeur et de développer l’attractivité des entreprises accompagnées par des fonds de capital investissement ;
  • D’apporter plus de performance opérationnelle et d’optimisation (réduction de l’absentéisme, des accidents du travail, du turnover, des consommations énergétiques et de matières premières, etc.) ;
  • D’être un moteur de transformation (ouverture de nouveaux business, clients, marchés, etc.).

Rappelons également que la RSE est au cœur des missions de la Banque Publique d’Investissement. En effet, l’article 4 de la loi relative à sa création stipule que “Bpifrance prend en compte les enjeux environnementaux, sociaux, d’égalité professionnelle, d’équilibre dans l’aménagement économique des territoires (…) et de gouvernance dans ses pratiques ainsi que dans la constitution et la gestion de son portefeuille d’engagements”.

Bpifrance a mis en place un questionnaire RSE (comprenant 11 questions) pour tout dossier de financement supérieur à 1 million d’euros, et d’innovation supérieur à 500 000 euros. Ce questionnaire permet de détecter d’éventuels risques ou opportunités RSE pour l’entreprise interrogée.

Donc OUI, la RSE est très clairement un levier d’investissement pour la startup.