La fin de l’ère du plastique en Europe, les raisons d’y croire.

Les plastiques à usage unique sont symptomatiques de notre modèle de consommation et la lutte contre le changement climatique implique de produire et consommer autrement pour respecter les limites de notre planète.

Or l’utilisation de plastiques à usage unique contribue à entretenir un modèle économique responsable du changement climatique.

Basé sur l’utilisation d’énergies fossiles, l’usage du plastique favorise les délocalisations, les cadences rapides de production, les transports toujours plus long et élevés en émission de CO2 ainsi que l’achat de denrées lointaines plutôt que locales.

Retour sur les initiatives et décisions de ces derniers mois qui peuvent nous engager dans une nouvelle voie de consommation.

EMBALLAGES PLASTIQUES : UN PACTE POUR QUEL IMPACT ?

21 février : 13 grandes entreprises françaises (Coca-Cola European Partners France, Auchan Retail France, Biscuits Bouvard, Carrefour, Casino, Franprix, L’Oréal, LSDH, Monoprix, Danone, Nestlé France, Système-U, Unilever), mais aussi avec la Fondation Tara Expéditions et l’ONG WWF France ont signé un “Pacte national sur les emballages plastiques”.

Si ce pacte a vocation à inciter les entreprises signataires à mieux recycler leurs emballages, plusieurs associations environnementales dénoncent son caractère peu contraignant, et son manque d’ambition quant à la vraie source du problème : la production de déchet plastique.

Avec ce nouveau pacte, les entreprises signataires s’engagent à revoir leur production d’emballage et à favoriser le recyclage du plastique, pour réduire la production de déchets plastique.

Avec des objectifs à court terme : atteindre 60 % d’emballages plastiques effectivement recyclés d’ici 2022, et 100 % d’emballages réutilisables, recyclables ou compostables d’ici 2025.

Les signataires devront également, d’ici 2025, établir la liste des emballages considérés “problématiques” ou “inutiles” et prendre des mesures pour leur élimination.

Les associations de protection de l’environnement déplorent un manque d’ambition et de précision du pacte quant à la réduction même du plastique, alors qu’aujourd’hui 55% des unités d’emballages mises sur le marché en France sont en plastique.

Brune Poirson a assuré que des sanctions seraient appliquées en cas de non-respect du pacte et de ses engagements, avec un suivi des engagements effectif dès 2021, et des travaux réalisés tous les 6 mois sur les avancées et publiés annuellement.

Source

INTERDICTION DES PLASTIQUES EN 2021 : Une nouvelle directive européenne publiée.

12 juin: a été publiée au Journal officiel de l’Union européenne, la directive européenne, qui interdit la mise sur le marché de plusieurs produits en plastique à usage unique.

Les pailles, les couverts et assiettes, les touillettes à café, les tiges pour ballons ou encore les cotons-tiges… Tous ces produits plastiques seront bannis de l’UE à compter du 3 juillet 2021. Les plastiques oxo-dégradables, récipients pour aliments et gobelets en polystyrène expansé seront aussi interdits à cette date.

La directive fixe aussi aux Etats membres un objectif de collecte de 90 % des bouteilles en plastique d’ici 2029. Les bouteilles commercialisées dans l’UE devront contenir au moins 25 % de plastique recyclé en 2025 et au moins 30 % en 2030.

La responsabilité élargie des producteurs (REP) est par ailleurs étendue aux filets de pêche et aux récipients de la restauration rapide. Les fabricants supporteront leurs coûts de collecte séparée et de traitement de ces déchets.

Les entreprises du secteur du tabac devront aussi financer le ramassage et le nettoyage des mégots de cigarettes jetés dans la rue. Les filtres à cigarettes devront par ailleurs faire l’objet d’un étiquetage obligatoire, d’ici juillet 2021, tout comme les gobelets en plastique et les lingettes humides. Cet étiquetage informera les consommateurs : sur la présence de matières plastiques dans ces produits, sur les solutions appropriées de gestion de leurs déchets ainsi que sur “l’incidence néfaste sur l’environnement découlant de dépôt sauvage ou d’autres moyens inappropriés d’élimination [de ces produits]”.

Source

EMBALLAGES EN PLASTIQUE ; Un projet de décret repousse certaines interdictions à 2021

Le projet de décret relatif aux plastiques à usage unique précise les interdictions prévues au 1er janvier 2020. Certaines, élargies à tous les contenants alimentaires à usage unique en plastique, sont reportées au 3 juillet 2021.
Ce texte précise les conditions d’application d’articles de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte de 2015 et modifié par l’article 28 de la loi « Alimentation » de 2018 via, notamment, l’amendement Lambert.

Au 1er janvier 2020, seraient interdits :

  • les gobelets, les verres et toute la vaisselle jetable 100 % composés de plastiques, vendus seuls ou dans des emballages. Clairement, les salades-repas vendues à emporter ou aux rayons snacking des supermarchés ne pourront plus contenir de fourchettes 100 % en plastique,
  • les pailles vendues seules ou séparément,
  • les piques à steak, les bâtonnets mélangeurs pour boissons.

A l’horizon juillet 2021, l’interdiction concernerait :

  • tous les gobelets en plastique (et pas uniquement 100 % en plastique)
  • les pailles en plastique vendues avec les emballages
  • toutes les assiettes jetables tout ou en partie en plastique
  • tous les autres récipients 100 % en plastique à usage unique, à savoir les « plateaux-repas, pots à glace, saladiers et boîtes ». Il s’agit des récipients pour aliments tels que mentionnés à la partie A de l’annexe de la directive (UE) 2019/904, utilisés pour contenir des aliments qui sont destinés à être consommés immédiatement, soit sur place, soit à emporter, généralement consommés dans le récipient, et prêts à être consommés sans autre préparation, telle que le fait de les cuire, de les bouillir ou de les réchauffer.

Sont donc exclus de ce champ les emballages de formats familiaux, les emballages de produits qui nécessitent une préparation (réchauffage, ajout d’eau, etc), les emballages hybrides carton/plastique mais aussi les emballages autres que ceux destinés à l’alimentaire (cosmétique, peinture, bâtiment, etc.).

La Commission européenne dispose de trois mois pour donner son avis sur le projet de décret français

Source

L’INITIATIVE CITOYENNE EUROPÉENNE :”Mettons fin à l’ère du plastique en Europe”

Les citoyens européens peuvent également s’exprimer sur l’interdiction du plastique. Une initiative citoyenne européenne (ICE) sur le sujet a été mise en ligne le 26 juillet 2019.

Si, en un an, l’initiative recueille un million de déclarations de soutien de citoyens européens d’au moins 7 États membres, la Commission européenne l’examinera.

Cette initiative demande à la Commission européenne de “réviser la directive sur l’impact de certains plastiques dans l’environnement dans le but d’interdire tous les plastiques à usage unique en Europe” d’ici 2027.

Selon ses organisateurs, “les plastiques à usage unique sont symptomatiques de notre modèle de consommation. Les bouteilles en plastique comptent parmi les 5 déchets les plus retrouvés sur les plages européennes”.

Notons que la directive du 5 juin 2019 sur la réduction de l’incidence de certains produits en plastique sur l’environnement interdit d’ici 2021 la mise sur le marché de plusieurs produits plastiques jetables et prévoit d’ici 2029 un objectif de collecte de 90% des bouteilles en plastique dans l’UE. Elle étend également la responsabilité élargie des producteurs (REP) aux fabricants de filets de pêche et aux industriels du tabac. Les États membres ont jusqu’au 3 juillet 2021 pour transposer ce texte.

C’est l’objet en partie du projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, qui sera prochainement discuté au Parlement.

Source

PACTE EUROPÉEN SUR LES EMBALLAGES PLASTIQUES

Une réunion technique relative à l’initiative franco-néerlandaise de mise en place d’un “pacte plastique européen” s’est tenue le 12 septembre 2019 à la Représentation permanente de la France auprès de l’UE, en présence des experts techniques de certains Etats membres, de la Commission européenne et de grandes entreprises européennes souhaitant prendre des engagements concrets en matière de réduction de plastique utilisé.

Suite à l’adoption de la directive sur les plastiques à usage unique, certains Etats membres ambitionnent désormais d’aller plus loin en prenant des engagements concrets sur la conception, l’utilisation, la réutilisation mais également la réduction des emballages en plastique, véritable fléau écologique : 10 tonnes de plastique sont produites par seconde dans le monde, dont une tonne rejetée dans l’océan toutes les deux secondes et ce sont ainsi déjà 5000 milliards de morceaux de plastique qui flottent aujourd’hui dans nos océans.

Ce pacte viendra renforcer les stratégies nationales des pays européens, à l’image du Pacte National sur les emballages plastiques signé en France le 21 février 2019 par le Gouvernement, 13 grandes entreprises et des ONG. Visant à repenser collectivement l’utilisation du plastique, son format inédit a largement inspiré le lancement de cette dynamique européenne.

Source