L’empreinte carbone et énergétique de l’alimentation décortiquée

L’ADEME décortique l’empreinte carbone et l’empreinte énergétique de l’alimentation des Français. Côté émissions, c’est la phase de production qui voit rouge, alors que côté énergie, c’est plutôt les transports.

Selon une nouvelle étude de l’ADEME et d’autres organismes de recherche, les émissions de gaz à effet de serre dues à l’alimentation des Français s’élèvent à 163 millions de tonnes de CO2 équivalent. Soit environ un quart de l’empreinte carbone d’un ménage.

C’est la phase de production agricole qui est la plus émettrice (67 %), suivie du transport de marchandises (19 %). Les phases de transformation (6 %), de distribution et de restauration (5 %), ainsi que de consommation (5 %), ont une empreinte carbone beaucoup plus nuancée.

La consommation globale d’énergie liée à l’alimentation s’élève à 367 térawattheures, soit 23 % de l’énergie finale consommée par les Français.

L’empreinte énergétique est mieux répartie sur l’ensemble de la chaîne agro-alimentaire, de la production à la consommation. L’agriculture compte pour 27 % de cette empreinte, le transport pour 31 % (dont 9 % pour les déplacements des ménages aux magasins), la transformation pour 16 %, la distribution pour 13 % et la consommation à domicile pour 14 %.

Favoriser l’agroécologie pour réduire les émissions
La surface agricole utile française couvre environ 29 millions d’hectares, soit 54 % du territoire national. Pour satisfaire l’ensemble de la demande française, 26 millions d’hectares sont nécessaires en France et dans le monde, dont 80 % pour les produits animaux (viande et lait). Les pratiques agricoles liées à ces surfaces cultivées et à ces prairies, ainsi que les types d’élevage, vont déterminer la quantité de gaz à effet de serre émis. Par exemple, le méthane lié à l’élevage représente 44 % des émissions de carbone liée à la production agricole. Le protoxyde d’azote lié à l’utilisation des engrais azotés compte pour 34 % de ces émissions.

Il est toutefois difficile de contrôler ces émissions.

La maîtrise est complexe car elles proviennent de processus naturels directement liés au système de production , analyse l’ADEME.

Les pratiques agroécologiques permettent d’augmenter les stocks de carbone et de réduire l’empreinte énergétique. Elles passent par exemple par la valorisation des engrais organiques, la méthanisation des déjections, la bonne gestion des prairies, la réintroduction de couverts végétaux, de haies et le développement de l’agroforesterie.

Mieux penser son assiette
Pour réduire son empreinte carbone et énergétique liée à l’alimentation, l’ADEME recommande aux Français de privilégier les produits locaux et de saison. Une empreinte réduite passe par le fait de favoriser les légumineuses, les céréales, les fruits et légumes.

En échange, il faut diminuer la viande, les produits transformés, les boissons sucrées et l’alcool. Enfin, une meilleure alimentation passe par le fait de favoriser l’eau du robinet et de diminuer le gaspillage alimentaire.

L’ADEME crée ainsi un panier responsable pour une famille de 4 personnes émettant 68 kg de CO2 équivalent par semaine, contre 109 kg de CO2 équivalent pour un panier standard. Et ce, pour le même prix de 189 euros.

Retrouvez l’article original ICI

L'étude de l'ADEME est disponible dans l'espace adhérent du site
Share
This