Pourquoi destruction de l’environnement et pandémie sont liées

Alors que la crise sanitaire risque de faire passer l’écologie au second plan, des chercheurs nous rappellent que la pandémie de Covid-19 est liée à notre impact sur la planète.

Le Covid-19, qui sévit actuellement partout dans le monde, est ce qu’on appelle une zoonose. C’est-à-dire une maladie transmissible des animaux aux humains – et inversement. Comme le VIH, la grippe aviaire, le virus Zika, la maladie de Lyme ou encore le virus Ebola. Ce ne sont pas les exemples qui manquent.

Et pour cause, d’après une étude datant de 2008, sur 335 maladies qui sont apparues entre 1960 et 2004, 60% provenaient d’animaux. D’après les auteurs de l’étude, il s’agit d’une tendance à la hausse.

Ça vient des animaux mais c’est la faute de l’Homme

Les maladies originaires d’animaux augmentent mais ce sont les Hommes qu’il faut blâmer. John Vidal, journaliste britannique spécialisé dans l’environnement, explique que ces maladies d’origine animale sont liées à l’activité humaine et son impact sur l’environnement. Alors qu’on a longtemps considéré que les nouvelles maladies infectieuses étaient le fruit de la faune et la flore d’environnements exotiques laissés intacts par l’Homme, de récentes études montrent tout l’inverse.

 

Ainsi, la destruction de forêts vierges, le minage, la construction de routes et l’urbanisation sont autant de facteurs qui contribuent à la prolifération de ces nouvelles maladies. « À cause de changements environnementaux, certains animaux perdent leur habitat naturel.

Donc, des espèces se retrouvent à cohabiter ensemble et sont de plus en plus en contact avec l’Homme », explique le professeur Thomas Gillepsie dont les travaux portent sur les liens entre la réduction des habitats naturels et l’émergence de maladie transmises à l’Homme par les animaux.

 

Moins d’espèces animales, plus de maladies infectieuses

Une grande promiscuité entre les différentes espèces animales – y compris l’espèce humaine – favorise donc la transmission des maladies. D’après Futura Sciencesl’extinction de certaines espèces animales est aussi à prendre en compte.

En effet, la disparition d’animaux implique que les virus doivent trouver d’autres hôtes. Et l’Homme est un hôte de choix.

Grâce à nos modes de vie mondialisés et hyper-connectés, les infections peuvent ensuite se propager rapidement. Pour Kate Jones, de la Chaire d’écologie et de biodiversité à UCL, la crise sanitaire du Covid-19 n’a donc rien d’étonnant.

« Nous créons des endroits où les virus peuvent se transmettre plus facilement. Et ensuite, on s’étonne de que de nouvelles maladies apparaissent », ironise la scientifique.

Une nouvelle discipline scientifique : la santé de la planète

Le lien entre environnement et transmission des maladies entre les espèces est une évidence pour certains chercheurs. Mais c’est loin d’être le cas dans l’ensemble de la communauté scientifique.

« Les scientifiques ont encore tendance à croire que les écosystèmes naturels sont une source de menace pour l’Homme. C’est une erreur. La nature est bien une menace mais ce sont les activités humaines qui créent les vrais problèmes », explique Richard Ostfeld du Cary Institute of Ecosystem Studies au journaliste John Vidal

Heureusement, les choses changent dans le monde scientifique et une nouvelle discipline de recherche se développe.

La « Santé de la planète » a pour but d’étudier les liens – considérés comme inextricables – entre notre santé et celle de notre environnement. Et c’est peut-être enfin un bon moyen de faire prendre conscience à tous que l’urgence climatique est bel et bien une urgence qui nous impacte directement. Pour éviter une nouvelle pandémie, il faudra donc bien se laver les mains mais aussi veiller à réduire notre impact sur la planète.

 

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