RSE Lib

Association des acteurs de la Responsabilité Sociétale

L’alliance inattendue entre RSE et analyse de données dans le secteur minier

Terres raresL’exploitation des nombreuses données disponibles dans le secteur minier révèle un potentiel moins attendu que la bonne évaluation des ressources: sa capacité à répondre aux exigences de due diligence des exploitants en termes de responsabilité sociale et environnementale des entreprises.

Dans cette huitième chronique, David Weber, expert industries extractives chez BearingPoint, s’est intéressé à leur utilisation au Canada. Mais aussi à l’absence de projet en France, à l’heure où le pays prépare son renouveau minier.

Il peut paraitre iconoclaste de croiser deux sujets que rien ne prédestinent à cohabiter si étroitement et qui pourtant inéluctablement convergent au fur et à mesure que l’industrie minière s’empare du potentiel des données.

Le premier sujet qui vient à l’esprit est celui de la sécurité au travail, notamment en milieu souterrain, où la compréhension des phénomènes de risques (détonation de charges, tremblement de terre, inondation, poche de gaz, pollution, etc…) est un enjeu.

Du massacre de Lonmin à l’incendie qui a coûté la vie à 4 mineurs dans une mine de platine en Afrique du Sud en ce début d’année,  tour d’horizon d’un changement de paradigme annoncé  où plus que jamais l’analyse des données va tenir un rôle majeur dans les plans de prévention et sécurité, mais aussi économique.

L’AFRIQUE EN RÊVE, LE CANADA LE FAIT…

J’ai maintes fois évoqué, depuis plusieurs années, la nécessité pour les Etats de créer un centre de compétence dédié à l’analyse des données minières avec les nouvelles techniques de pointe, puisque le bénéfice économique et sociétal a le bon goût d’être à la fois immédiat et évident.

Ce qui paraissait alors un nice-to-have, pour ne pas dire une lubie aux yeux de certains, s’avère aujourd’hui devenir la réalité et un must have. En dépit de grandes déclarations non (encore) suivies d’effet, l’Afrique (Sénégal, Congo, etc..) est le continent qui a le plus besoin de ce type de mise en œuvre.

Mais c’est au Canada que les choses avancent concrètement.

La ville de Sudbury, dans l’Ontario, accueillera ainsi dès cet été, sur un étage dans un bâtiment partagé avec l’observatoire canadien de neutrinos et de matière noire (SNOLAB), le Mining Observatory Data Control Centre (MODCC).

Son but ? Tirer le meilleur parti de l’ensemble des données via la mise à disposition des plus récentes techniques d’analyse et des capacités informatiques les plus pointues.

N’importe quel entrepreneur ou chercheur aura à disposition cet ensemble d’outils, dans le but de chercher moins et de trouver plus, tout en protégeant davantage.

Dans un pays qui emploie 375 000 personnes dans le secteur minier, on comprend l’effet de levier considérable que ceci va procurer. Un doute sur une exploitation en souterrain d’une partie d’une propriété réputée à risque pour les employés ? Le MODCC pourra répondre et objectiver la réponse apportée mieux que n’importe qui jusqu’à aujourd’hui. Un besoin de préciser le niveau d’une ressource en ciblage pour savoir s’il est opportun de creuser ? Le MODCC saura répondre.

…ET LA FRANCE RÉFLÉCHIT

D’ici trois à cinq ans, les initiatives comme le MODCC auront complètement bouleversé la donne et apporté un vent frais et socialement très bien vu de ceux que le secteur minier s’acharne à convaincre d’exploiter leurs terres: les populations locales et autochtones.

S’ils n’évoluent pas et n’intègrent pas ce type d’offres basées sur ces nouvelles méthodes d’approche des données, les établissements de géosciences publics et les sociétés de géo-services spécialisées seront  irrémédiablement ringardisées.

En effet, envoyer ses données pour traitement est à un clic de souris de n’importe qui et la prime ira toujours aux pionniers. Il est à noter que l’une des technologies d’analyse du MODCC, à savoir HyperCube, a été développée en France mais que notre pays ne porte aucune vision sérieuse de son emploi.

Nul n’est bien sûr prophète en son pays, mais nos champions hexagonaux des géosciences, à commencer par le BRGM, ont un intérêt majeur pour ne pas dire vital à très vite embrasser ce changement.

La « mine verte » ou « mine zéro impact environnemental » relève du vœu pieu

Toute activité humaine perturbe nécessairement son environnement.

Toute la question est de définir le seuil de nuisances acceptable par les populations locales en contrepartie d’emplois par définition non-délocalisables. La gestion de l’appréciation du risque se fera de moins en moins de façon moyennée, sera toujours plus fine et concernera autant les individus que l’environnement immédiat (le site minier) ou plus lointain (son amont et son aval, pour les nappes phréatiques par exemple).

A l’heure où la France peut à terme redémarrer son activité minière pour des métaux stratégiques comme le tungstène à Salau (gisement de classe mondiale selon les dernières études de la société Variscan, détenteur du permis minier), il apparaît opportun de laisser tomber les postures pro/anti et d’étayer les arguments à la lumière de ce que de nouvelles solutions d’analyse de données peuvent nous offrir : complète objectivité, finesse d’analyse et rigueur scientifique. Chiche!

Retrouvez l’article original ICI

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Cette entrée a été publiée le 18 avril 2016 par dans Revue de Presse, et est taguée , .
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